Le maillage interne, le levier gratuit que presque personne ne travaille

Publié le 7 octobre 2026
Schéma de maillage interne : six pages d'un site envoient toutes leurs liens vers une petite page secondaire, et une seule flèche verte va vers la grande page qui doit vendre.

Comptez les liens internes de votre site page par page. Les mentions légales, posées dans le pied de page, reçoivent un lien de chacune de vos pages : quarante pages, quarante liens. La page qui doit vous amener des demandes n’a que ceux que quelqu’un a pensé à poser, parfois seulement celui du menu.

Personne n’a décidé ça. C’est ce qui arrive quand les liens internes ne sont posés par personne : il ne reste que ceux des gabarits.

Ce que le maillage interne fait vraiment

Trois choses, et elles ne se remplacent pas.

  • Il fait découvrir vos pages. Un robot suit des liens. Une page sans aucun lien entrant met beaucoup plus longtemps à être connue, quand elle l’est.
  • Il dit ce qui compte. À l’échelle d’un site, une page souvent citée par les autres passe pour importante. C’est un signal que vous contrôlez entièrement, contrairement aux liens venus d’autres sites.
  • Il donne le sujet, par l’ancre. Le texte du lien annonce ce qu’on va trouver. C’est vrai pour un visiteur et pour un moteur.

Ce que Google demande, en deux lignes

D’abord, la forme. Google ne suit un lien que s’il s’agit d’un élément <a> avec un attribut href. Un bouton en JavaScript, un bloc cliquable sans balise de lien, une div avec un gestionnaire de clic : rien de tout ça n’est suivi. Sur un site fait avec un constructeur de pages, vérifiez dans le code de la page que vos boutons sont bien des balises de lien.

Ensuite, l’ancre. Google la veut descriptive, raisonnablement courte, et pertinente à la fois pour la page où elle se trouve et pour la page visée. Deux excès sont nommés : les formules vides du type « cliquez ici » ou « en savoir plus », et l’ancre bourrée de mots-clés. La documentation le dit dans ces termes : si vous avez l’impression de forcer des mots-clés dans l’ancre, c’est probablement trop.

Trois erreurs que nous retrouvons sur presque tous les sites

  • Tous les liens dans le menu et le pied de page. Ces liens comptent, mais ils sont identiques sur toutes les pages : ils ne disent rien de particulier. Ce sont les liens posés dans le texte qui portent un contexte.
  • Des ancres qui ne disent rien. « En savoir plus » répété quinze fois envoie quinze fois le même signal, c’est-à-dire aucun.
  • Des pages orphelines. Une page créée pour une campagne, jamais reliée au reste, qui n’existe que dans le plan de site. Elle peut rester des mois sans être explorée.

Faire le tour de son maillage en une heure

Pas besoin d’outil payant pour un site de vingt à cinquante pages.

  • Listez vos pages dans un tableau, à partir de votre plan de site XML.
  • Ouvrez la Search Console, rapport Liens, colonne des liens internes. Il donne le nombre de liens internes par page. Recopiez-le en face de chaque page.
  • Triez du plus petit au plus grand. En haut du tableau, vous avez vos pages orphelines ou presque. Comparez cette liste à celle de vos pages qui doivent vendre : l’écart saute aux yeux.
  • Relisez les ancres des liens qui existent déjà vers vos trois pages les plus importantes. Si elles disent toutes « cliquez ici », vous avez une heure de réécriture devant vous, et elle rapporte.

La règle que nous appliquons : chaque page qui doit vendre reçoit au moins trois liens depuis le contenu, pas depuis les gabarits, avec trois ancres différentes qui décrivent vraiment la page.

Écrire une bonne ancre

Une ancre utile tient en quatre ou cinq mots et pourrait être lue seule, sans la phrase autour. « Notre méthode de référencement local » est une ancre. « Ici » n’en est pas une.

Deux règles maison, qui ne sont pas dans la documentation de Google mais qui évitent des dégâts. La première : nous ne reprenons jamais, dans l’ancre, le mot-clé principal de la page qui porte le lien. Sinon les deux pages se disputent la même requête. La seconde : nous varions les ancres vers une même page, parce que quinze liens identiques ressemblent à un gabarit, pas à une recommandation.

Le cas des articles de blog

Un blog sert à deux choses en matière de maillage : occuper des questions que les pages commerciales ne peuvent pas traiter, et envoyer des liens vers ces pages commerciales. Le sens inverse compte autant : une page qui ne renvoie vers aucun article laisse ses articles sans soutien.

C’est le travail de fond décrit sur notre page référencement naturel, et c’est aussi ce qui se joue au moment d’une refonte : les anciens liens internes pointent vers les anciennes adresses et fonctionnent par redirection, ce qui coûte en vitesse et en clarté. Nous l’expliquons dans l’article sur la refonte de site.

Grouper les pages par sujet, sans en faire une usine

Dès qu’un site dépasse une trentaine de pages, une question arrive : faut-il organiser les liens en silos, c’est-à-dire ne relier entre elles que les pages d’un même thème ? La version utile de cette idée tient en une phrase : les pages qui traitent du même sujet doivent se lier entre elles plus souvent qu’elles ne lient vers le reste du site.

Un exemple concret. Vos pages sur une prestation, la ville où vous l’exercez et les questions fréquentes qui s’y rapportent forment un groupe : chacune renvoie vers les deux autres. La page de contact, elle, reste accessible depuis partout, c’est son rôle. Inutile d’aller plus loin ni d’interdire les liens entre groupes : les cloisons étanches n’apportent rien et compliquent la navigation du visiteur, qui reste le premier lecteur.

Ce que ça change pour les réponses d’IA

Les moteurs qui répondent au lieu de lister partent des mêmes pages que la recherche classique. Une page que personne ne cite à l’intérieur de votre propre site part avec un handicap : elle est découverte plus tard, et rien n’indique qu’elle compte. Le maillage ne remplace pas le contenu, il décide de ce qui sera lu en premier. Notre page visibilité IA détaille le reste.

Par où commencer

Si vous ne faites qu’une chose cette semaine : prenez vos trois pages qui doivent amener des demandes, et posez un lien vers chacune depuis trois pages différentes, avec une ancre qui décrit la page. Une demi-heure de travail, aucun budget, et c’est le seul levier de référencement qui ne dépend de personne d’autre que vous.

Ce qu’on nous demande sur le maillage interne

Combien de liens internes faut-il par page ?

Il n’y a pas de nombre officiel. Le repère utile est l’inverse : chaque page importante doit recevoir au moins trois liens depuis le contenu d’autres pages. Côté émission, quelques liens pertinents valent mieux qu’une liste de quinze en bas de page.

Les liens du menu comptent-ils ?

Oui, mais ils sont identiques partout, donc peu informatifs. Ce sont les liens dans le texte, entourés d’une phrase qui donne le contexte, qui pèsent le plus.

Faut-il mettre en nofollow les liens internes ?

Non. Le nofollow sert pour des liens sortants dont vous ne répondez pas. À l’intérieur de votre site, il n’y a aucune raison de couper le passage.

Comment repérer les pages orphelines ?

En croisant la liste des pages de votre plan de site avec le rapport Liens de la Search Console. Une page absente du rapport des liens internes, ou à un seul lien venu du pied de page, est orpheline en pratique.

Faut-il ouvrir les liens internes dans un nouvel onglet ?

Ça ne change rien au référencement et ça gêne souvent le visiteur. Nous réservons le nouvel onglet aux liens sortants, et encore, quand c’est justifié.

Est-ce que ça marche aussi sur un petit site ?

Oui, et c’est sur un petit site que le travail est le plus court : sur dix pages, deux ou trois liens bien posés suffisent à changer la page qui reçoit le plus de liens depuis le contenu. Pour en voir l’effet, comparez les positions des pages concernées à un mois, sur les mêmes requêtes, dans la Search Console.

Source : Google Search Central, « Make your links crawlable » et les bonnes pratiques de texte d’ancre, consultées en septembre 2026.

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