Refonte de site : ce qu’il faut préparer pour ne pas perdre son référencement

Publié le 22 septembre 2026
Schéma d'un plan de redirections : à gauche quatre anciennes adresses de pages, à droite les nouvelles, trois flèches qui relient dont une qui fusionne deux pages, et une redirection manquante marquée par une croix.

« Le site est beaucoup plus beau, mais on a perdu la moitié de nos visites. » Nous l’entendons en rendez-vous, quand le trafic n’est toujours pas revenu quelques semaines après la mise en ligne et que personne ne comprend pourquoi.

Une refonte ne fait pas chuter un site par magie. Ce qui le fait chuter, c’est une petite liste de gestes qui n’ont pas été faits avant de basculer. Le problème, c’est qu’ils se préparent avant la mise en ligne, et qu’après, une partie du mal est déjà faite.

Ce qui se perd dans une refonte, et ce qui ne se perd pas

Trois choses ne bougent pas quand vous refaites votre site : l’ancienneté de votre nom de domaine, votre fiche Google avec ses avis, et les liens que d’autres sites ont posés vers vous au fil des années. Ces liens continuent de compter, à une condition : que les adresses vers lesquelles ils pointent répondent encore.

Ce qui se perd tient en quatre lignes :

  • les adresses de pages qui changent sans que rien ne soit prévu pour l’ancienne ;
  • les pages supprimées parce qu’on les trouvait vieilles, alors qu’elles amenaient du monde ;
  • les titres et les textes réécrits en pensant au visiteur, et pas du tout aux requêtes qui faisaient venir ce visiteur ;
  • les données structurées, la fiche d’entreprise et les questions fréquentes, qui disparaissent avec l’ancien thème.

Ces quatre pertes sont évitables, et aucune ne demande de compétence rare.

Étape 1 : l’inventaire, avant de toucher au site

La première chose à produire n’est pas une maquette, c’est une liste : toutes les adresses qui existent aujourd’hui sur votre site, dans un tableau. Trois sources la remplissent, et il faut les trois.

  • Le plan de site XML, à l’adresse votre-site.fr/sitemap_index.xml ou /sitemap.xml. Il donne ce que votre site déclare.
  • La Search Console, rapport Pages, sur douze mois. Il donne ce que Google connaît, y compris les pages que votre plan de site a oubliées.
  • Un passage de robot sur le site, avec un outil d’exploration. Il donne ce qui est réellement accessible, images et fichiers compris.

Ajoutez deux colonnes à ce tableau : les visites de chaque page sur les douze derniers mois, et les pages qui reçoivent un lien depuis un autre site. C’est la deuxième colonne qui sauve les refontes. Une page à douze visites par mois ne vaut rien en apparence, jusqu’au moment où on s’aperçoit qu’elle porte le seul lien d’un annuaire professionnel ou d’un article de presse local.

Étape 2 : le plan de redirections

Une ligne par ancienne adresse, et en face, la nouvelle adresse la plus proche par le sujet. Une page de prestation va vers la nouvelle page de la même prestation, une page ville vers la nouvelle page de la même ville. Deux règles, et elles ne souffrent pas d’exception.

Le piège de la page d’accueil

Rediriger toutes les anciennes adresses vers la page d’accueil. C’est un geste tentant, parce qu’il est rapide, et il coûte cher : Google traite une redirection massive vers une page sans rapport comme une page introuvable déguisée. Le signal de l’ancienne page n’est pas transféré, il est perdu. Une page sans équivalent se redirige vers la page de catégorie la plus proche, ou reste une page introuvable assumée.

Deuxième règle : on garde les redirections longtemps. La documentation de Google est explicite, gardez-les aussi longtemps que possible et en général au moins un an. Ce n’est pas une précaution de principe, c’est le temps qu’il faut pour que tous les signaux de l’ancienne adresse passent sur la nouvelle.

Le plan de redirections se teste avant la mise en ligne, ligne par ligne, pas au hasard. Sur un site de trente pages, c’est une demi-heure.

Étape 3 : ce qui se transfère, page par page

Pour chaque page qui existe encore après la refonte, six éléments se reprennent :

  • Le titre et la description de l’ancienne page, s’ils fonctionnaient. On les améliore, on ne les efface pas.
  • Le titre principal de la page, qui doit rester le sujet de la page et pas devenir un slogan.
  • Le texte, avec au moins autant de mots qu’avant. Une refonte qui divise le contenu par trois au nom de l’épure divise aussi les positions.
  • Les images et leur texte alternatif. Un thème neuf réimporte souvent les images sans leurs descriptions.
  • Les données structurées : entreprise locale, prestations, questions fréquentes. Elles sont attachées à l’ancien thème ou à l’ancienne extension, elles ne suivent pas toutes seules.
  • Les liens entre vos pages. Les anciens liens internes pointent vers les anciennes adresses. Ils fonctionnent grâce aux redirections, mais un site qui se lie lui-même par des redirections perd en vitesse et en clarté. On les réécrit.

C’est aussi le moment de décider ce qui ne revient pas. Une page sans aucune visite en un an et sans aucun lien peut disparaître, à condition que ce choix soit écrit dans le tableau et pas subi. Le détail de ce que nous reprenons et de ce que nous refaisons est sur notre page création et refonte de site.

Étape 4 : la recette, avant de basculer

Huit points à vérifier le jour de la mise en ligne

  • Le fichier robots.txt du nouveau site ne bloque plus rien.
  • Le réglage « demander aux moteurs de recherche de ne pas indexer ce site », utilisé pendant le développement, est retiré. C’est le grand classique des refontes, et il ne se voit pas à l’œil nu.
  • Le plan de site XML est régénéré et contient les nouvelles adresses.
  • Les redirections répondent, testées une par une depuis le tableau.
  • Les formulaires envoient un message qui arrive vraiment dans la boîte, en conditions réelles.
  • La mesure d’audience et le bandeau de consentement fonctionnent sur le nouveau site.
  • La vitesse sur mobile est vérifiée sur les pages qui comptent, pas seulement sur l’accueil.
  • Une page d’erreur 404 propre existe, avec de quoi rebondir.

Étape 5 : les premières semaines

Le jour de la mise en ligne, soumettez le nouveau plan de site dans la Search Console. Puis surveillez trois choses pendant un mois : le rapport Pages, pour voir les nouvelles adresses passer en indexées ; les erreurs 404, qui révèlent les redirections oubliées ; et les requêtes, comparées à la même période avant la refonte.

Une baisse les quinze premiers jours n’a rien d’anormal. Google indique qu’un site de taille petite à moyenne demande quelques semaines pour que l’essentiel des pages soit pris en compte, davantage pour un gros site. Ce qui n’est pas normal, c’est une baisse qui dure six semaines : là, il y a une cause, et elle est presque toujours dans les quatre étapes précédentes. C’est ce travail de fond que décrit notre page référencement naturel.

Et du côté des moteurs qui répondent au lieu de lister

Le mode IA de Google, ChatGPT, Copilot, Perplexity et Gemini partent des mêmes pages et des mêmes citations que la recherche classique. Une refonte qui casse les adresses casse donc aussi les reprises dans ces réponses, avec un décalage dans le temps qui les rend plus difficiles à relier à la cause. Ce que ces moteurs lisent d’une entreprise est détaillé sur notre page visibilité IA.

Combien de temps, et à quel prix

Sur un site vitrine de cinq à dix pages, l’inventaire, le plan de redirections et la recette représentent environ une journée de travail, à ajouter à la refonte elle-même. C’est la partie la moins visible du chantier, et celle qui décide du résultat six mois plus tard. Nos prix de refonte sont affichés sur la page tarifs.

Ce qu’on nous demande sur les refontes

Faut-il garder les mêmes adresses de pages ?

Quand elles sont propres et lisibles, oui : c’est la refonte la plus sûre. Une adresse ne se change que si elle est illisible, si elle contient un identifiant technique, ou si l’arborescence change vraiment.

Combien de temps faut-il garder les redirections ?

En général au moins un an, selon Google. Dans les faits, une redirection ne coûte rien à conserver : nous les gardons tant que le site vit.

Perd-on forcément du trafic au début ?

Non, mais une variation les deux premières semaines est fréquente. Ce qui compte, c’est la comparaison à un mois et à trois mois, sur les mêmes requêtes.

Peut-on changer de nom de domaine pendant la refonte ?

Oui, avec une opération de plus : l’outil de changement d’adresse de la Search Console, qui ne sert que dans ce cas précis. Faire les deux en même temps est possible, les faire en deux temps rend plus lisible ce qui bouge.

Faut-il prévenir Google ?

Le plan de site soumis et les redirections en place suffisent pour un changement d’adresses à domaine égal. Il n’y a pas de formulaire à remplir.

Et si la refonte est déjà faite et que le trafic a chuté ?

L’inventaire se reconstitue après coup, à partir de la Search Console et des pages archivées. C’est plus long, et c’est rattrapable. Le plus urgent est de retrouver les adresses qui renvoient une erreur et de les rediriger. C’est le premier point que regarde notre audit gratuit.

Source : documentation Google Search Central, « Migrer un site », consultée en septembre 2026.

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