Faites le test, il prend deux minutes. Ouvrez ChatGPT, tapez votre métier suivi de votre ville, puis recommencez dans le mode IA de Google et dans Perplexity. Vous obtiendrez trois réponses différentes, avec trois listes d’entreprises différentes. C’est déroutant la première fois, et c’est le point de départ de cet article : il n’y a pas une IA, il y en a cinq qui comptent en France, elles ne lisent pas les mêmes pages, et votre fiche Google ne pèse pas de la même façon dans chacune.
Notre agence existe depuis 2022, et Chrystel construit des sites depuis vingt-six ans. Le travail décrit ici ressemble beaucoup à ce que nous faisons depuis toujours, avec deux ou trois nouveautés qui changent l’ordre des priorités.
Ce que ChatGPT lit de votre entreprise
Quand une question appelle une information locale ou récente, ChatGPT interroge un index de pages web, en ouvre quelques-unes et cite celles qui répondent. Cet index, OpenAI le construit avec ses propres robots. Sa documentation en décrit quatre, et la confusion entre deux d’entre eux est la première cause de blocage que nous trouvons sur les sites que nous reprenons.
- OAI-SearchBot indexe les sites pour les fonctions de recherche de ChatGPT. Un site qui le bloque ne sort pas dans ces réponses.
- GPTBot collecte du contenu pour l’entraînement des modèles. Le bloquer ne vous empêche pas d’être cité.
- ChatGPT-User ouvre une page quand un utilisateur demande explicitement de la consulter.
- OAI-AdsBot contrôle les pages soumises comme annonces dans ChatGPT.
Le piège le plus fréquent
Les quatre réglages sont indépendants : on peut refuser l’entraînement et rester visible dans les réponses (source : documentation OpenAI sur ses robots, consultée le 14 septembre 2026). Beaucoup de sites ont fait l’inverse sans le vouloir, en recopiant un robots.txt trouvé sur un forum en 2024.
Les autres IA ne lisent pas la même chose
Voilà ce qui change d’un moteur à l’autre, et ce que vous pouvez vérifier vous-même pour chacun.
| Moteur | D’où viennent les pages citées | Ce que vous pouvez contrôler |
| ChatGPT | Index propre à OpenAI, construit par OAI-SearchBot | Le robots.txt, et rien d’autre : OpenAI ne publie aucun rapport pour les sites |
| Résumés IA et mode IA de Google | L’index normal de Google, celui de la recherche | La Search Console, rapport des fonctionnalités d’IA générative |
| Copilot et les réponses IA de Bing | L’index de Bing | Bing Webmaster Tools, rapport AI Performance : les pages citées et des exemples de questions |
| Perplexity | Son propre robot, PerplexityBot, plus Perplexity-User quand quelqu’un demande une page précise | Le robots.txt pour PerplexityBot ; Perplexity écrit que Perplexity-User ignore généralement ces règles, puisqu’un humain est à l’origine de la visite |
| Gemini | L’index de Google, avec un réglage à part pour les applications Gemini | Google-Extended dans le robots.txt |
| Mistral Vibe, l’ancien Le Chat | Recherche web, plus des contenus sous accord, dont les archives de l’AFP | Rien de dédié pour l’instant. Le seul levier est d’être une page correcte et citée ailleurs |
Deux précisions utiles sur cette liste. Google-Extended sert à dire si vos contenus peuvent nourrir les applications Gemini, et Google écrit noir sur blanc qu’il « n’a aucune incidence sur l’inclusion d’un site dans la recherche Google et n’est pas utilisé comme signal de classement dans celle-ci » : le bloquer ne vous sort donc pas des résumés IA, qui passent, eux, par l’index normal. Et Mistral Vibe est le seul moteur français de la liste, ce qui lui vaut d’être installé dans pas mal d’entreprises d’ici pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le référencement.
Maintenant, la bonne nouvelle : le travail ne se démultiplie pas par cinq. Les leviers sont largement les mêmes, seule la mesure change.
Vérifier en cinq minutes que vous n’êtes pas bloqué
Ouvrez votresite.fr/robots.txt. Si vous lisez une ligne Disallow: / sous User-agent: OAI-SearchBot, ou sous PerplexityBot, vous êtes sorti de ces réponses. C’est bête, et c’est ce que nous trouvons le plus souvent.
Regardez ensuite du côté du pare-feu de l’hébergeur, du CDN et des extensions de sécurité WordPress : elles filtrent parfois ces robots sans rien écrire dans le robots.txt, et cela ne se voit que dans les journaux d’accès du serveur. Comptez environ 24 heures pour qu’OpenAI prenne en compte une modification du fichier.
Les six actions qui comptent
1. Une page par question réelle, avec la réponse en haut
Les questions posées à une IA sont longues et écrites comme on parle : « quel plombier intervient en urgence le dimanche autour de Fréjus », « combien coûte une pergola bioclimatique posée dans le Var ». Une page qui commence par deux phrases de réponse nette, puis développe, se cite facilement. Une page qui commence par « fort de son expertise depuis plus de vingt ans » ne donne rien à citer. Nous en écrivons encore trop souvent, des pages qui commencent comme ça, et nous les réécrivons.
2. Des faits vérifiables, écrits noir sur blanc
Zone d’intervention commune par commune, horaires, délais, prix ou fourchette, certifications, assurances, marques travaillées, année de création. Un modèle de langage reprend ce qu’il peut vérifier sur une page. Les adjectifs ne se reprennent pas. Les chiffres et les noms propres, oui. Un exemple : notre agence SEO dans le Var détaille nos zones et nos rendez-vous sur place.
3. Être nommé ailleurs que sur votre site
Les réponses citent volontiers une page tierce plutôt que le site de l’entreprise : un annuaire, un comparateur, un article de la presse locale, la page « nos installateurs » d’un fabricant. Dans le Var, ce qui revient le plus souvent, ce sont les annuaires généralistes et ceux du métier, les fédérations, les clubs d’entreprises, les offices de tourisme pour les activités saisonnières, et les sites des fournisseurs qui listent leurs partenaires. Une règle : chaque mention porte le même nom et la même adresse que votre site, à la virgule près.
4. Des avis récents, avec une note visible
Les pages qui portent une note moyenne lisible ressortent plus souvent dans les recommandations d’entreprises locales. Aux États-Unis, l’enquête BrightLocal de février 2026 mesure que 45 % des consommateurs utilisent déjà une IA pour se faire recommander une entreprise locale, contre 6 % un an plus tôt, et que 97 % lisent les avis. Nous n’avons pas d’équivalent français sur cette question précise, et nous n’allons pas en inventer un. Une note à jour sur deux ou trois plateformes vaut mieux qu’une note parfaite sur une seule.
5. Le même nom, la même adresse, le même téléphone partout
Deux orthographes de votre raison sociale, deux numéros, une ancienne adresse encore en ligne quelque part : la machine ne sait pas laquelle croire, et elle cite l’entreprise d’à côté, dont les informations concordent. Passez en revue votre site, votre fiche Google, vos réseaux, vos annuaires. Le balisage LocalBusiness posé sur votre site va dans le même sens, sans être une obligation : Google précise qu’aucune donnée structurée particulière n’est exigée pour apparaître dans ses fonctions d’IA.
6. Ouvrir un compte Bing Webmaster Tools
Dix minutes, gratuit, et c’est aujourd’hui le seul endroit où vous voyez quelles pages de votre site sont citées dans des réponses d’IA, avec des exemples de questions. Ajoutez une fiche Bing Places renseignée comme votre fiche Google. Peu d’entreprises le font, ce qui rend l’endroit assez confortable.
Ce qui ne sert à rien
Quatre pratiques circulent beaucoup et ne produisent aucun effet mesurable.
- Le fichier llms.txt. John Mueller, chez Google, a rappelé en juin 2026 que le fichier existe depuis des années et qu’aucun système d’IA ne l’utilise. Nous en posons un sur nos sites parce qu’il ne coûte rien, pas parce qu’il rapporte quelque chose.
- Les phrases cachées dans le code pour souffler à l’IA de vous recommander. Ignorées, et détectables.
- Les inscriptions payantes dans un « annuaire des IA ». Aucun moteur ne consomme ce genre de base.
- Cinquante articles écrits par une IA sans relecture. Un contenu qui n’apporte aucune information propre ne se cite pas, puisqu’il ne contient rien que le modèle ne sache déjà.
Comment savoir si ça marche
Trois sources suffisent, et deux sont gratuites.
La Search Console d’abord, avec le rapport « Fonctionnalités d’IA générative » de la rubrique Performances, ouvert à tous les sites depuis le 31 août 2026 : il donne les impressions dans les résumés IA et le mode IA, sans les clics. Bing Webmaster Tools ensuite, rapport AI Performance, ouvert depuis février 2026 : les citations, les pages citées, des exemples de questions. Le reste se fait à la main, et c’est ce que nous faisons chaque mois pour nos clients en formule SEO et visibilité IA : une vingtaine de questions, celles que leurs clients posent vraiment, rejouées dans ChatGPT, dans le mode IA de Google et dans Perplexity, en notant qui est cité et sur quelle source. C’est artisanal. C’est la seule mesure qui parle vraiment en rendez-vous.
Est-ce que ça vaut le temps qu’on y passe
Les ordres de grandeur, pour décider. 73 % de ces utilisateurs s’en servent pour chercher une information (même source). L’Arcom compte 33 millions de visiteurs uniques sur des services d’IA en mars 2026, soit 57,1 % de la population. Et 98 % des Français utilisent toujours un moteur de recherche, dont 40 % qui utilisent aussi une IA pour chercher (OpinionWay pour SEO.fr, février 2026).
Le moteur reste donc le premier réflexe, et l’IA s’y ajoute. Les six actions ci-dessus servent aux deux, ce qui tombe bien : une page qui répond clairement, des faits vérifiables, des mentions ailleurs et des avis récents, c’est aussi du référencement naturel. C’est pour cette raison que nous ne vendons pas la visibilité IA comme un métier séparé. Si les sigles qui circulent vous embrouillent, nous les avons démêlés dans GEO, AEO, LLMO.
Questions fréquentes
Faut-il payer pour apparaître dans ChatGPT ?
Pas pour les réponses : les sources citées ne s’achètent pas. OpenAI a ouvert par ailleurs un format publicitaire, identifié comme tel, qui est un autre sujet. Si on vous propose d’acheter une place dans les réponses de ChatGPT, on vous vend du vent.
Sur quelle IA faut-il se concentrer ?
Sur aucune en particulier. Commencez par débloquer les robots, corriger vos informations et ouvrir Bing Webmaster Tools : ces trois actions servent les cinq moteurs. Ensuite seulement, regardez lequel amène des clients chez vous, ce qui dépend beaucoup du métier.
Combien de temps avant de voir un effet ?
Le déblocage des robots se voit en quelques jours. Les citations bougent plutôt sur deux à trois mois, le temps que les pages soient réindexées et que les mentions extérieures paraissent. Personne ne peut garantir une citation, pas plus qu’une position dans Google.
Ma fiche Google sert-elle à quelque chose pour l’IA ?
Beaucoup, pour le pack local et pour les résumés IA de Google, qui s’appuient sur l’index de Google. Elle n’est pas lue directement par ChatGPT ni par Perplexity. Les deux chantiers se mènent ensemble, pas l’un à la place de l’autre.
Faut-il bloquer GPTBot pour protéger ses contenus ?
C’est un choix légitime si vous ne voulez pas que vos textes servent à l’entraînement. Vérifiez seulement que le blocage ne vise que GPTBot, et pas OAI-SearchBot, sinon vous sortez des réponses en même temps.


